Étape A: Église Saint-Marcel
- Francesca Guerrier, lave émaillée, 1962-1963Par l’intermédiaire de son amie Isabelle Rouault, auteur des cartons de vitraux des chapelles, France... En savoir plus
Pélerinage spirituel et création artistique
Substitut au voyage en Terre Sainte sur les pas du Christ, la dévotion au chemin de croix se développe en Occident à partir des 14e et 15e siècles à l’initiative des franciscains. Dans les lieux de culte, sont alors érigés des ensembles composés de croix de bois (essentielles), associées parfois à des images (accessoires) de la Passion.
Véritable exercice de style pour décliner ses choix dans le nombre (à l’image de la bande dessinée, du cinéma ou du théâtre), mais aussi dans un lieu et une durée spécifiques, le chemin de croix a séduit au 20e siècle nombre d’artistes.
Dans l’entre-deux-guerres, avec le renouveau de l’art sacré, la différence s’accuse entre deux conceptions de la Passion, l’une doloriste et violente (principalement développée en peinture), l’autre plus sereine et apaisée (privilégiée semble-t-il par les sculpteurs). Deux chemins de croix réalisés à cette époque dans la proche banlieue parisienne méritent le détour : celui d’Henri Marret à Saint-Louis de Vincennes et celui d’Angel Zarraga à Saint-Ignace-de-la-Cité-Universitaire-de-Paris à Gentilly. La seconde guerre mondiale, mais surtout en 1962 le concile de Vatican II qui donne la priorité à la personne sur l’objet, infléchissent les orientations. Le décor devenu secondaire, les réalisations d’art sacré, de chemins de croix a fortiori (la croix de bois primant sur l’image), se font rares, optant pour un dépouillement affirmé. Enfin l’art contemporain voit renaître un désir de spiritualité. Les réalisations récentes témoignent toujours d’une diversité des choix, entre expression et narration, entre détail et symbole, entre pathos et retenue.
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