Étape A: Elie enlevé au ciel - Saint-Joseph-des-Carmes
vers 1644, par W. Damery (1614-1678) – À la suite du Concile de Trente, l’ordre du Carmel est réformé en 1593 et divisé en grands Carmes et C... En savoir plus
Le grand décor en trompe-l’œil
Au début du 17e siècle, dans un élan religieux soutenu par la Contre-Réforme, de nouveaux sanctuaires sont érigés, s’inspirant des exemples italiens. La coupole en est l’ornement privilégié, à la fois prouesse technique et lien symbolique renouvelé avec Dieu.
Ces ouvrages architecturaux donnent un nouveau visage au paysage parisien et offrent un espace grandiose où sont illustrés les dogmes de l’Eglise catholique par les talents d’artistes comme Mignard au Val de Grâce (1663) et La Fosse à la chapelle des Invalides (1692). La forme de la coupole se prête particulièrement à la représentation de visions célestes dont la vraisemblance est fondée sur des effets de perspective illusionniste. Le modèle de ces grands décors peints fut donné au 16e siècle par le Corrège dans la cathédrale de Parme. En France, les artistes, formés à l’école italienne, s’inscrivent dans cet héritage.
Au 17e siècle, un souci de clarté l’emporte. Les architectures feintes s’imposent pour structurer l’espace, accentuer l’effet d’élévation et former un contraste avec le monde céleste figuré par un ciel ouvert où Dieu, les anges, les prophètes et les saints prennent place dans des gloires. Le 18e siècle privilégie des solutions plus souples où les nuées s’affranchissent des architectures et envahissent l’espace pictural. Les grands décors illusionnistes s’inscrivent alors souvent dans un dispositif mêlant architecture, peinture et sculpture, proche de la scénographie théâtrale. Ils permettent aux peintres de se distinguer en faisant la démonstration de leur virtuosité et de leur originalité au sein d’une école française de plus en plus libérée des modèles italiens.
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