Étape A: Fontaine Saint-Michel
Architecte : G. Davioud (1824-1881)La grande composition urbaine de la place décidée par Haussmann trouve en 1860 son parachèvement dans la réalisa... En savoir plus
De la fontaine Saint Michel (5e) au Jardin des Plantes (5e)
Parmi tous les arts plastiques, la sculpture présente une vertu singulière : à la différence de la peinture et de tous les arts graphiques, elle se développe directement dans l’espace et transmet une image à trois dimensions, visible en tous sens et selon tous les angles. Elle donne ainsi une description très immédiate du sujet qu’elle représente, sans passer par des codes de figuration comme la perspective, ce qui la rend instantanément accessible à tous. Bien mieux, elle produit des objets que l’on peut toucher, autour desquels on peut tourner, changeant avec la lumière et le temps qu’il fait… La sculpture peut donner forme aussi bien à des modèles pris dans la réalité qu’à des êtres surnaturels, des démons, qui sous le ciseau de l’artiste trouvent une enveloppe réelle et un aspect quasi charnel. L’art médiéval s’est délecté de ces scènes et de ces personnages imaginaires taillés dans la pierre.
Au 19e siècle, la virtuosité des sculpteurs est telle que ces fantasmagories prennent corps de façon spectaculaire, et que dragons ailés et monstres font désormais partie d’un bestiaire authentique : il ne reste qu’à patienter pour voir s’envoler ceux de la place Saint-Michel. Forte de cette puissance d’évocation qui lui permet de tout dire, la sculpture devient un moyen de faire découvrir aux petits et aux grands les mythes fondateurs de la Religion et de la Patrie – grandes préoccupations d’alors – ou d’éveiller leur curiosité pour la Science, en leur racontant de formidables histoires et en les faisant rêver.
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