Itinéraire centrale dans Paris
Cet itinéraire partant de la tour Jean sans peur pour nous mener vers la Bourse en traversant des périodes et des styles des plus éclectiques. En savoir plus
Historiquement, le blé qui arrivait soit par la route soit par péniche au port de l’Hôtel de Ville était entreposé aux Champeaux, au nord de la capitale. Ce quartier relativement central avait l’inconvénient d’être très encombré ce qui ralentissait la circulation. Il faut pourtant attendre le 18ème siècle pour que l’idée de sortir du centre ville trop dense ne se concrétise. L’emplacement de l’hôtel de Soisson, relativement excentré mais proche de la Seine, semblait approprié. Une compagnie est alors créée afin de construire une vaste halle ; le terrain était assez vaste pour lotir et construire les abords de la halle, ce qui payait l’opération. Cet édifice, en dehors de son aspect architectural, fait partie des monuments publics à sortir du tissu urbain pour se placer résolument de façon voyante.
L’architecte Nicolas Le Camus de Mézières est alors chargé, entre 1763 et 1767, de la construction de la halle et du lotissement attenant. Il choisit de réaliser un bâtiment de plan circulaire, de 122 mètres de circonférence, percé de 25 arcades Les locaux étaient répartis sur la périphérie, laissant au centre un vide à ciel ouvert. La façade intérieure est parcourue par deux galeries ouvertes, couvertes de voûtes. Elle forment comme un cloître circulaire ouvert par vingt-quatre arcades supportées par des colonnes d’ordre toscan. Cette cour intérieure s’est rapidement avérée trop humide, nuisant à la conservation des grains. On charge alors en 1782 les architectes Jacques-Guillaume Legrand et Jacques Molinos de la couvrir d’une coupole en charpente de bois surmontée d’une lanterne métallique.
Au cours du 19ème siècle l’activité de la halle décroît ; un incendie la ravage en 1854, elle est abandonnée pour sa fonction en 1873. Reprise par la chambre de commerce en 1885, elle se voit transformée par les soins de Henri Blondel. Ce dernier modifie la coupole en fer et verre et ferme la galerie basse.
L’entrée monumentale s’ouvre par un portique surmonté d’un fronton décoré de trois figures allégoriques représentant la Ville de Paris, flanquée de l’Abondance et du Commerce, portée par quatre colonnes corinthiennes cannelées. On doit ce décor gigantesque, à la limite de l’équilibre, au sculpteur Aristide Croisy.
Réaction